Il est difficile de penser à un « top 3 » de mes films favoris parmi ceux vus à Cannes, je n’ai pas eu de coup de cœur – en voyant tant de films sur une période si courte on a parfois du mal à connaître son propre avis – et aucun film ne m’a complètement déplu. Cependant j’ai réussi à dégager les cinq films suivants comme mes préférés :
· Los Bastardos
Un film qui envoûte et surprend puis fait réfléchir.
- Salamandra
Très agréable et optimiste. M’a aussi fait penser au livre Sur la route de Kerouac.
- Adoration
De très beaux plans sur une musique prenante, un montage fort. Il suffisait de se prendre au jeu pour apprécier, malgré les côtés « clichés » que certains lui reprochent.
· Tulpan
Authentique. Un synopsis « bête » mais traité de très belle manière.
- Il Divo
Réalisé avec beaucoup d’humour et classe. Superbement interprété. Une BO détonnante et de très bon goût.
Bien sûr d’autres films m’ont beaucoup plu et j’hésite encore, mais pour l’instant je crois que c’est ceux-ci qui m’ont le plus touché.
Mes impressions sur le séjour :
Tout cela a été ma foi fort plaisant. Outre le cinéma, ce voyage m’a appris à maîtriser le sommeil et la faim. Il est vrai que la fatigue prenait quelques fois le dessus et m’empêchait de voir certains films dans leur intégralité, mais j’ai pu apprécier l’essentiel.
Etant allé au festival de Cannes l’année dernière, la découverte de ces films « inhabituels » fut sans grande surprise.
L’ensemble des projections est très éclectique, on trouve vraiment toutes sortes de réalisations. Pour moi ce festival est en quelque sorte la preuve qu’il est toujours possible de renouveler le cinéma, la preuve qu’il existe encore des personnes à l’imagination telle qu’elles arrivent à créer de nouvelles choses malgré tout ce qui a été établi.
Je vous propose une courte analyse de Tulpan que voici :
TULPAN
Sergueï Dvortsevoï – Kazakhstan
(vu le vendredi 23 en salle Debussy à 17h)
Asa est à la recherche d’une épouse. Il tombe amoureux de Tulpan, qui le fuit à cause de ses oreilles décollées qu’elle juge disgracieuses. Asa n’y avait jamais fait attention et ne pensait pas que cela représenterait un tel problème.
À travers le personnage de Asa et sa famille de bergers, le film montre ce qu’est la quête d’une vie heureuse au milieu de la steppe kazakhe. Asa rêve simplement de devenir berger nomade. Les protagonistes vivent en pleine nature sous le vent de la steppe, tout le film s’oppose à la vie citadine, et critique le fait d’aller à la ville pour trouver un travail.
Cette fiction est filmée à la manière d’un documentaire. Beaucoup de plans sont « improvisés », ou sûrement réalisés en une prise : des animaux apparaissent dans plusieurs scènes, mais ne semblent pas avoir été briefés sur ce qu’ils auraient à faire dans le film, c’est plutôt eux qui mènent la caméra. On assiste à deux accouchements véritables de brebis ; des phénomènes naturels sont filmés, comme des tempêtes de sable, et les acteurs y réagissent directement.
Le film est un portrait très poétique de la vie dans la steppe kazakhe, une ode au bonheur simple, mais qui garde un côté documentaire et informatif sur le problème du travail paysan au Kazakhstan.
J’ai aimé Tulpan pour plusieurs raisons. Les personnages sont sympathiques et on s’y attache facilement ; ils sont naïfs et apportent un humour frais à l’histoire. Je ne connaissais rien de la culture kazakhe qui est au cœur du film, c’était enrichissant de la découvrir.

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