mardi 20 mai 2008

Analyses Je veux voir et Involontaires

« De Ofrivilliga » en VO (suèdois), « Involontaires » en VF

Réalisé par Ruben ÖSTLUND

Sélection « Un Certain Regard », salle Debussy à 14h

Synopsis : Cinq histoires où l'individu est confronté à la comunauté : deux jeunes filles qui découvrent les dérives de l'adolescence, un groupe de jeunes hommes à l'amitié puérile, une actrice trop fière pour avouer une faute futile, un homme âgé qui refuse la faiblesse de sa vieillesse et de l'affirmer à son entourage et une institutrice exclue par ses collègues pour ses divergences d'opinion sur la manière d'éduquer.

Le thème principal du film est l'assurance de soi dans un groupe. Comment réagit-on lorsqu'un groupe nous influence? Suit-on le groupe pour rentrer dans les rangs et s'empêcher d'avoir un avis sur la question? Ou affirme-t-on ses opinions au risque de se voir rejeté?

La thématique de la responsabilité est aussi en quelques sortes traitée a travers des personnages confrontés au prolème de s'assumer et d'assumer.


« Je veux voir » en VF

Réalisé par Joana HADJITHOMAS et Khalil JOREIGE

Sélection « Un Certain Regard », salle La Licorne à 9h


Synopsis : Catherine Deneuve participe à un tournage au Liban, 2 ans après la guerre opposant le Hezbolah à Israël. Elle décide de visiter le sud du pays en voiture avec Rabih, un habitant de Beyrouth qui n'est pas retourné dans son village natal depuis la fin de la guerre. Ils vont être confrontés à la réalité d'un pays d'après-guerre qui cherche encore son identité.


Plus un reportage qu'un film, cette fiction raconte comment le pays se reconstruit après la guerre à travers les yeux de Catherine Deneuve et son chauffeur. Ce film est destiné à montrer la violence que provoque la guerre et les impacts qu'elle peut avoir sur l'individu et son identité : Rabih se perd et ne trouve plus la maison de son enfance parmi les décombres de la ville, son identité est perdue à cause de la guerre. Les chemins qui mènent à son foyer sont brouillés par les décombres de la guerre. Il est perdu dans son propre pays, l'identité qui le liait au Liban, sa terre natale, n'existe plus. Catherine Deneuve quant à elle est partagée entre son désir de voir le pays et sa peur liée à cette guerre, finie mais encore très proche. Elle se rattache à des aspects matériels dérisoires pour se garantir la sécurité de vie dans un pays instable. Sa présence représente cependant un espoir auprès de Rabih, sa popularité permettant à l'équipe du film d'accéder pour la première fois à une zone jusque là défendue. La diplomatie, apportée implicitement par l'actrice mondialement connue, rappelle que la France est depuis longtemps un pays impliqué dans les processus de paix notamment au Liban et en Israël.

En abordant un sujet aussi récent et délicat que la guerre au Liban, le réalisateur s'inscrit

A travers la mise en abime du tournage, on voit la difficulté de tourner un film dans un pays instable, de plus Catherine Deneuve joue son propre rôle ce qui renforce l'authenticité du film et son aspect documentaire, la caméra à l'épaule et les zooms également. Des plans très proches sont utilisés pour mieux partager les sentiments des deux protagonistes.


De merveilleux moments de méditations nous sont offert grâce à une musique enivrante et tour à tour des paysages désastreux puis d'une nature épargnée par la violence et l'absurdité de l'homme pour finir dans une ville ou tout est déjà oublié... La rigidité du visage de Catherine Deneuve devant l'horreur qu'elle découvre contraste à merveille avec le regard noir de son compagnon de voyage pour donner au final un film d'une force et d'une vérité sur la condition de l'homme et ses réactions face à des situations qui le dépassent et l'anéantissent.

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